Brexit - florilège des réactions hystériques et autres coups foireux

ACTU

Trois jours après le référendum historique anglais sur la sortie de l'Union Européenne, je vous livre ci-dessous un petit florilège des réactions hystériques et autres coups tordus à l'intention des Anglais.

Je ne sais pas si vous l'avez déjà remarqué mais c'est à l'occasion de grands bouleversements qu'on découvre le vrai visage de gens qu'on pensait parfois connaître et qui se montrent sous un jour que l'on n'aurait pas soupçonné.  Pour le meilleur et pour le pire.

Malheureusement, vu le niveau de la clique qui nous dirige, et des médias qui oscillent entre veulerie et cynisme, ces derniers jours, ce que l'on aura surtout vu et entendu, c'est le pire. Il faudra s'en souvenir, le moment venu.

Jean-Claude Juncker - Prix de la belle-mère hystérique

Image Wikimedia CommonsNé le 9 décembre 1954 à Redange-sur-Attert, est un homme politique luxembourgeois. Ancien Premier ministre, il est président de la Commission européenne depuis novembre 2014, et pour une durée de cinq ans.

Source : wikipedia.

Ses récents faits d'armes et déclarations

L'intéressé, qui traîne derrière lui un parfum entêtant d'évasion fiscale organisée et qui était mouillé jusqu'au cou dans le scandale révélé par les #luxleaks s'était déjà illustré en apparaissant pompette lors de la séance photo officielle à l'issue du sommet des chefs d'État européens de Riga, le 22 mai 2015.  Bisous aux uns, claques dans la tronche pour d'autres, il s'était aussi permis d'accueillir le Premier ministre hongrois, Viktor Orban par un "salut, dictateur !".

La veille du référendum

Le 22 juin, lors d'un point presse, l'intéressé déclarait :

«Les hommes politiques britanniques et les électeurs britanniques doivent savoir qu’il n’y aura en aucune sorte de nouvelle négociation»

Or juriste de formation et à la tête de la Commission Européenne, on peut imaginer qu'il a du lire au moins une fois l'article 50.  Or si l'article en question[Art50] n'est pas bien long, il précise tout de même en son alinéa 2. que des négociations commenceront dès que la notification de retrait sera parvenue à la Commission Européenne.

Après le referendum : «Le Brexit n'est pas un divorce à l'amiable»

Dès hier, le président de la Commission européenne a exigeait que Londres dépose «immédiatement» sa demande de quitter l’Union. 

«Ce n’est pas un divorce à l’amiable mais après tout ce n’était pas non plus une grande relation amoureuse»

«Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement britannique a besoin d’attendre jusqu’au mois d’octobre pour décider si oui ou non il envoie la lettre de divorce à Bruxelles. J’aimerais l’avoir immédiatement»

Venant de l'homme qui déclarait en janvier 2015

«Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens»

Peter Sutherland - Prix du Bankster sans vergogne

Peter Sutherland, by World Economic Forum from Cologny, Switzerland [CC BY-SA 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia CommonsNé le 25 avril 1946 à Foxrock dans le comté de Dun Laoghaire-Rathdown, est une personnalité des affaires et un homme politique irlandais.

Il est président de l’European Policy Centre, de Goldman Sachs International (depuis 1995), de BP (British Petroleum) (1997-2009), et aussi de la section Europe de la Commission Trilatérale (2001-2010). Il est aussi directeur non exécutif de la Royal Bank of Scotland.

De 1985 à 1989, il a été en poste à Bruxelles en tant que commissaire responsable de la politique de concurrence. Entre 1989 et 1993, Peter Sutherland a été président de Allied Irish Banks. Il fut directeur général du GATT et de l’OMC de 1993 à 1995.

Il fut membre du directoire d’Investor AB jusqu’au 11 avril 2005, et de celui d’Ericsson (dont il fut directeur en 1996) jusqu’au 4 mars 2004. Il a aussi été administrateur de alibaba.com, société qu’il dirigea en 2000.

Peter Sutherland est aussi le représentant honoraire pour l'Union européenne du Transatlantic Policy Network.

Dans sa fonction comme envoyé spécial de Nations unies Peter Sutherland a proposé aux états de l'Union européenne de 'miner' ou 'affaiblir' leur homogénéité nationale.

Il a été membre du comité directeur du groupe Bilderberg

Source : wikipedia.

Ses déclarations

L'intéressé s'est fendu de deux tweets qui montrent clairement son attachement au respect de la démocratie et du choix exprimé par la majorité des électeurs britanniques.

  1. La plus jeune génération en Grande-Bretagne a été sacrifiée, tout ça à cause d'une présentation déformée des faits et des conséquences.  D'une manière ou d'une autre, ce résultat doit être renversé
  2. Il n'y a aucune excuse à retarder l'invocation de l'article 50. Les négociations révéleront la situation impossible du Royaume-Uni. Un deuxième référendum semble inévitable.

En gros, 72% de la population qui s'est exprimée, et 18 millions de citoyens britanniques qui se sont prononcés en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, ça compte pour du beurre, et il y a évidemment lieu de faire revoter les Anglais jusqu'à ce qu'ils prennent la bonne décision.

BHL - Premier Prix de Piposophie mention tarte à la crème

Que serait un palmarès si l'inénarrable BHL, qu'on ne présente plus, n'y figurait en bonne place ?  Piposophe tartophile et plumitif à ses heures, c'est-à-dire quand ses obligations de baroudeur infatigable ne l'entraînent pas au coeur de quelque conflit armé qu'il aura par ailleurs contribué à faire éclater selon ses moyens.

Ce visionnaire, qui quelques heures avant le référendum postait sur twitter :

Et ce dimanche, c'est le site suisse "Arrêt sur Info" qui publiait une tribune du grand homme dans lequel il disait tout le bien qu'il pensait du résultat du référendum, et dont le titre est un assez bon résumé du contenu : « Ce Brexit, c’est la victoire, non du peuple, mais du populisme ».

Je ne vais pas entrer dans le détail de cet article fortement émétique qui assimile respectivement les 18 millions d'électeurs qui ont voté pour la sortie de l'UE à : des populistes, démagogues, droite dure, xénophobes, souverainistes rances, nationalistes boursouflés d'eux-même, etc.  Il les compare aussi à Le Pen, Mélenchon (?), Beppe Grillo, Podemos (?), et Donald Trump, pour faire bonne mesure.

Il n'a pas convoqué Hitler ou Pol Pot, mais j'imagine que c'est juste parce qu'il ne les considère plus comme des adversaires politiques crédibles, étant donné qu'aux dernières nouvelles, ils étaient morts.

J'en conclus que le bon tartosophe pipophobe nous fait une grôôsse poussée d'urticaire probablement causée par une carence en crème pâtissière.  Gloupier, où est-tu ?

Les médias - Prix du silence complice & de la désinformation assumée.  Décerné à la presse dans son ensemble à l'unanimité du Jury

Le prix était décerné à l'ensemble des médias pour le travail absolument extraordinaire de désinformation qu'ils réalisent jour après jour, bien souvent dans des conditions difficiles; comme lors de ce vote tragique.  Immédiatement, tous sont montés sur le pont et se sont vaillamment battu pour que l'Avérité triomphe.

On ne mesure pas toujours l'engagement de tous les instants de ces soldats de l'ombre qui travaillent inlassablement, de jour comme de nuit, y compris le week-end.  Ainsi je ne puis m'empêcher d'avoir une pensée émue pour le pioupiou de la rédaction du blog du Monde (BigBrowser), qui à plusieurs reprises, ce samedi mais aussi ce dimanche, n'a pas hésité à mettre à jour l'article mentionnant le nombre de signatures de la pétition organisée en Angleterre pour appeler à un nouveau référendum.   C'est vrai que l'enjeu était de taille : c'est bien la démocratie qui est en danger !

BFMTV - La crème de la crème.

Et que dire de l'intervention de cette courageuse journaliste de BFMTV, Roselyne Dubois qui au lendemain du vote n'hésitait pas à se remettre en question ? 

« Nous, médias, comme vous, élus, n’arrivons pas à faire passer l’idée que l’Europe apporte quelque chose. Que faut-il changer ? Il y a un vrai mea culpa à avoir ! » - BFMTV 24.06.2016

N'est-ce pas là faire preuve d'une empathie extraordinaire pour les gueux que de songer à varier leur menu de temps à autre pour qu'ils puissent avaler le brouet sans renâcler ?

Conclusion

On sent toute la fébrilité de nos élites, complètement déroutées par le résultat du référendum.  La propagande n'a pas suffi, les menaces n'ont servi de rien, les cajoleries non plus.

Alors maintenant, c'est l'heure de la punition.  Il faut qu'ils souffrent, et que ce soit une leçon pour tous les autres peuples d'Europe.  Il ne faudrait surtout pas que les moutons de la prairie d'à-côté soient gagnés par cette fièvre qu'on appelle indépendance.

Alors tous les moyens sont bons : sécession de l'Écosse, réunification des deux Irlandes, ou, soyons fous, indépendance de Londres et rattachement à l'UE.  Impossible de faire le compte des jours-ci des déclarations complètement irresponsables de gens qui sont justement des responsables politiques.

Dans cette mêlée, il faudra prendre garde au plus grand danger qui guette précisément cette décision historique : qu'une fois de plus la volonté démocratique exprimée par le peuple soit confisquée.

Notes

Article 50 du Traité de Lisbonne

  1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.
  2. L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
  3. Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l’État membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.
  4. Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l’État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent.  La majorité qualifiée se définit conformément à l’article 238, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.
  5. Si l’État qui s’est retiré de l’Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l’article 49.

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