Les Gilets Jaunes, c’est une jacquerie et certainement pas un processus révolutionnaire

Un billet d’humeur de Bruno Adrie.

Les Gilets Jaunes, c’est une jacquerie et certainement pas un processus révolutionnaire. Ils ne veulent pas renverser la capitalisme, ils veulent juste qu’on répartisse équitablement l’impôt et avoir de quoi vivre décemment. Ils veulent aussi être représentés sur le plan politique et j’imagine, médiatique.

Ils veulent un capitalisme plus juste, ce qui en dernière analyse n’existe pas, en tout cas pas en temps de crise du capitalisme où les rupins veulent à tout prix maintenir ou faire croître le taux de profit en attendant la catastrophe qui vient.

On peut d’ailleurs se demander si le capitalisme pourrait exister s’il n’était pas soutenu par l’Etat, justifié par ses lois et protégé par sa police. Il me semble que le capitalisme ne peut exister que sous sa forme crony1 c’est-à-dire avec le concours d’un Etat qui doit être son son législateur, son procureur et son gardien de la paix.

En contrôlant l’Etat, en se l’appropriant sans partage, le capitalisme cherche à se garantir un renflouement sans limite.

Et la seule façon de pérenniser et même d’aggraver ce modus vivendi qui n’est que pillage légalisé, c’est de faire claquer 24 heures sur 24 les fouets de la propagande (à quoi sert un Apathie?) et de multiplier les coups de matraques, les jets de grenades et les tirs de flashball contre toute personne tentée de contester l’ordre établi.

Et soyons certains que lorsque la bourgeoisie le jugera nécessaire, il y aura aussi des tirs à balles réelles. L’Histoire est là pour le montrer.

Car la bête ne se laissera pas abattre si facilement.

Elle préférera laisser tomber le masque et planter ses crocs dans la chair du pauvre plutôt que de succomber sous le talon des manifestants.

>> Article original sur In Cauda Venenum

  1. ndlr : le capitalisme de connivence (Crony capitalism) est un terme décrivant une économie capitaliste où le succès en affaires dépend de relations étroites avec les représentants du gouvernement.  Il peut créer une forme de favoritisme dans l’attribution de permis légaux, de subventions gouvernementales, de réduction d’impôts ou d’autres formes d’interventionnisme.  Il apparaîtrait lorsque le copinage, ainsi que d’autres comportements égoïstes semblables, percole vers la politique et le gouvernement. Il peut également s’exprimer sous la forme de népotisme ou, à des stades plus avancés, toucher l’économie des services publics. Source : Wikipedia
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Bruno Adrie

Agrégé d'espagnol, Bruno Adrie est un auteur français qui, à ce jour, a publié trois ouvrages de fiction et anime un blog de réflexion sur l'histoire et l'actualité. Son blog

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