Les infaux de la semaine – nouvelle rubrique

Dans cette rubrique, je me propose de démonter méticuleusement les petits mensonges, les non-dits, les manipulations qui nous sont servies dans la presse par tombereaux.    À quoi bon, me direz-vous ?  Eh bien la raison est simple, il ne suffit pas de savoir qu’un article est un tissu de mensonges, d’approximations ou de raccourcis foireux, parce que malheureusement des milliers de lecteurs y sont confrontés chaque jour et n’ont pas forcément le recul nécessaire, la compréhension ou l’envie de se plonger dans une analyse contradictoire.  Dans bien des cas, les bobards les plus éhontés figurent dans le titre ou le chapo des articles, quitte à dire exactement le contraire dans le corps de l’article. 

Infantilisation

Pourquoi ?  Tout simplement parce que la plupart des gens ne prennent plus la peine de lire les articles, mais se contentent désormais de survoler les titres.   C’est l’effet Facebook : tout doit être immédiat, faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à l’analyse.  Il s’agit de submerger le cerveau limbique du lecteur qui n’est plus guère qu’un spectateur moutonnier, lui donnant au passage l’impression de satiété, l’illusion d’un savoir.   Mais peut-on vraiment savoir sans comprendre ?   Je ne pense pas et je crois que l’humanité est sur une planche savonnée, dégringolant toujours plus vite vers l’abêtissement général, et qu’arrivé à un certain point, le grand public ne sera même plus capable de se livrer à l’analyse critique d’un texte, même s’il lui en prenait l’envie.  Ainsi en va-t-il du cerveau comme des muscles qui ont tendance à s’atrophier lorsqu’on ne les utilise plus.  Notez qu’il s’agit ni plus ni moins que d’une régression à un stade proche de celui de la petite enfance, dans laquelle existent seulement les besoins qu’il faut assouvir et les pulsions hédonistes qu’il faut combler. 

Lavage de cerveau

Un autre danger, tout aussi pervers est l’effet subliminal.  Si au cours d’une conversation je vous affirme de but en blanc que les cochons volent, je puis logiquement m’attendre à une réaction incrédule suivie d’une fin de non-recevoir.  L’argument ne passera pas les fourches caudines de votre esprit critique.  En revanche, quand vous regardez passer les niouzes comme les vaches regardent passer le train, sans vraiment lire ni comprendre ce que vous voyez, votre cerveau, lui, a fait le boulot de déchiffrement et cette information passera directement à votre inconscient sans passer par la case critique.  À force de répétitions, ces infaux se fixeront durablement dans votre cerveau et seront tenues pour vraies puisqu’elle n’auront jamais fait l’objet du moindre contrôle conscient.

Responsabilité des journalistes

Alors on pourrait dire, comme Noam Chomsky, qui est un homme d’une grande gentillesse et d’une courtoisie exemplaire que les journalistes qui écrivent ces salades y croient mais qu’un autre serait à leur place si ce n’était pas le cas.  Mais aujourd’hui, au vu de l’ampleur de la manipulation, il devient extrêmement difficile de croire que les journalistes ne savent pas ce qu’ils font, sauf à penser qu’on aurait affaire à une bande d’idiots complets, ce qui me paraît légèrement difficile à avaler.  Je pense plutôt qu’il s’agit d’un phénomène d’auto-suggestion, une sorte de bulle de confort que les journalistes sont obligés de tisser autour de leurs convictions au regard de leur propre esprit critique pour n’avoir pas à contempler l’étendue de leur imposture (remords).    Ansi ils réalisent qu’ils écrivent des bobards, mais puisqu’ils sont essentiellement honnêtes (estime de soi), et puisque ces idées sont majoritairement avalisées par leur propre caste (les médias), les arguments ne peuvent être que vrais et l’on en arrive à créer une hyper-réalité fantasmée dans laquelle les collisions logiques n’existent plus parce que les deux mondes ne coexistent pas dans le même espace.

Pourquoi une nouvelle rubrique ?

Une petite réfutation étayée par un raisonnement et des sources claires est essentiellement un format plus court qu’un article de fond.    Plus ciblé et rédigé dans un style direct, sans fioritures, il traite d’un sujet simple de manière expéditive.   Il s’agit aussi de les regrouper afin qu’on puisse facilement en extraire la liste par ordre chronologique inverse.  Il m’a donc semblé qu’il serait judicieux de les placer dans une des colonnes adjacentes au contenu principal du site en reprenant les n premiers titres et leur chapo, par exemple.

Pour l’instant, la rubrique ne comporte qu’un seul article, mais elle sera étoffée au fil du temps.

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Philippe Huysmans

Webmaster du Vilain Petit Canard, citoyen de nationalité belge, né à Schaerbeek le 16.10.1966. Marié et père de deux enfants. Je vis en Belgique et j’exerce la profession d’Informaticien à Bruxelles. Mes articles

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