Macron s’envole pour la Chine : as-tu vu l’avion?

Le président en attente de bas de soie et de perruque à rouleaux a quitté la France, il a décollé de sa petite République située en périphérie de l’Allemagne, en périphérie de l’Amérique et en périphérie de l’Asie pour gagner l’Empire du Milieu.

Il y a emmené « une cinquantaine de dirigeants d’entreprises dont ceux d’AccorHotels, LVMH, Airbus, Areva, Safran, BNP Paribas ». Ou devrais-je plutôt dire que ce sont eux qui l’y ont emmené – traîné, souriant et fat, par la peau du costard – aux frais de l’État, d’un État qui rogne sur tous les budgets sauf sur voyages organisés dans l’intérêt du Grossium.

Le président s’est envolé, en bon commis-voyageur des puissants et des profiteurs, pour s’entretenir, comme disent les journalistes, avec son homologue chinois. Il est parti pour lui coller des avions (ça tombe bien Airbus possède une usine d’assemblage à Tianjin et veut augmenter les cadences de production), des moteurs Safran, une usine de retraitement (sans Anne Lauvergeon) et des maisons de retraite. La France semble vouloir gagner à tout retraiter, de l’uranium très appauvri aux vieux suffisamment enrichis, et veut élire domicile en Chine. Le président dans les nuages souhaiterait même que le pays de Mao Zedong réserve un plus large accueil aux produits de son agriculture et de ses banques. Il demande plus d’ouverture, le président, il réclame une politique de la porte ouverte dans un pays qui fut autrefois envahi et déchiqueté par les chacals du capitalisme sauvage et qui aujourd’hui a son mot à dire.

Porté par les ailes du vent, il réfléchit, entouré de ses cinquante voleurs adeptes d’un libre-échange qui doit les favoriser tout d’abord. Il affirme qu’on devrait procéder à « un rééquilibrage des relations commerciales ». La Chine est notre deuxième fournisseur, elle est notre huitième client et c’est avec elle que « la France enregistre son plus important déficit commercial, soit 30 milliards d’euros ».

Étonnante demande quand on sait que parmi nos importations figurent des produits « français », délocalisés et quand on sait que nos produits fabriqués et vendus sur place n’entrent pas dans le calcul de nos exportations. À quoi sert donc de se préoccuper du déficit commercial quand nos entreprises, elles, tirent profit des délocalisations ? En quoi la France a-t-elle encore de l’importance quand elle ne possède que 11% des actions d’Airbus et qu’une part non négligeable de ces actions est tombée dans l’escarcelle de fonds d’investissement? Pour qui travaille Macron ? Pour qui travaille la France et à qui profitent les voyages financés par les contribuables ?

Allons, j’avoue que je suis ignare, mais reconnaissez tout de même qu’il est difficile de retrouver l’intérêt de notre pays dans une visite aussi médiatisée ?

N’est-ce pas à ça que sert le vacarme, n’est-ce pas à ça que servent les mots courts, à nous assommer et à couvrir le monde de raisonnements simplistes, qui semblent logiques mais nous gavent d’ignorance ?

Alors bon vol petit président, et bons bas de soie et bonne perruque ! Bonne visite en Chine, à vos amis les profits et… à nous les tribulations !

Article original sur la page Facebook de Bruno Adrie

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Bruno Adrie

Agrégé d'espagnol, Bruno Adrie est un auteur français qui, à ce jour, a publié trois ouvrages de fiction et anime un blog de réflexion sur l'histoire et l'actualité. Son blog

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