Guerre du mal contre le bien : approche candide

Temps de lecture : 12 minute(s)

D’emblée, je tiens à préciser que l’objectif de cet article n’est pas de vous infliger un cours de pseudo-théologie de comptoir (tout d’abord parce que je ne suis pas qualifié, et au vrai, je ne suis même pas croyant, même si je partage les valeurs du christianisme), mais bien, partant d’un point de vue candide (sans postuler l’une ou l’autre hypothèse), de tenter de fournir une explication logique, mais pas forcément rationnelle, au curieux spectacle qu’il nous est donné de voir.

Pas forcément rationnelle, tout simplement parce que les masses ne sont pas rationnelles, et nos élites non plus.   Je les qualifierais plutôt de gnostiques1 ayant vraiment mal tourné.

J’ajoute que si l’existence de Dieu ou de Satan n’a jamais été prouvée ni infirmée, c’est une question purement rhétorique qui nous ramène à des considérations bien plus profondes et anciennes, à savoir notre propre conscience du bien et du mal.  Bien avant le christianisme et l’islam, les hommes ont adoré d’autres divinités, ou tout simplement, reconnaissaient partout dans la nature une présence divine.

Cette conscience est-elle innée ou acquise par l’éducation?    Sans doute les deux, il suffit pour cela d’observer un peu les animaux, il n’y a pas une once de méchanceté chez eux, ils ne connaissent ni le mal ni le bien, mais pourtant respectent un ordre naturel qui privilégie le bien.

Chez l’Homme, cette discrimination entre le bien est le mal est enseignée aux enfants dès leur plus jeune âge, que ce soit à l’école ou en famille, plus généralement dans la société humaine.   C’est ce discernement qui permet de faire société, de policer les comportements, de former des citoyens respectueux de l’autre.

De l’existence du diable

L’enfer est vide, tous les démons sont ici.
William Shakespeare

De même que le monde animal n’a pas à connaître de l’existence du bien pour vivre harmonieusement, le mal n’a pas à être incarné pour être bien présent, la conséquence personnifiant le principe2.  En pratique, peu importe que vous croyiez à l’existence du Diable, il suffit que suffisamment de personnes acceptent ses mensonges pour que le monde bascule dans les ténèbres3.

De même, et en corollaire, peu importe que vous croyiez en Dieu, si les valeurs du bien sont au coeur de la société et qu’elles sont majoritairement partagées, vous observerez un développement harmonieux de cette société, dans laquelle chacun trouvera sa place et personne ne sera laissé pour compte.

Au commencement était le gnosticisme

Le gnosticisme est un mouvement de pensée centré autour de la notion de « connaissance » (en grec : gnôsis) regroupant des doctrines variées et multiformes qui se développent au cours des IIe et IIIe siècles dans les limites de l’Empire romain. Ces doctrines se caractérisent généralement par l’affirmation que les êtres humains sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un dieu inférieur mauvais ou imparfait, le Démiurge ou Yahvé à l’opposé duquel existe un autre être, transcendant et parfait, plus éloigné, un dieu supérieur lié à l’homme par la connaissance qu’il lui a donnée.  Source : Wikipedia

Cette philosophie, qui selon certains emprunterait au dualisme platonicien, n’avait pas comme objet de nier l’existence de Dieu, ou de le « tuer », mais très tôt, Irénée de Lyon y vit un coin enfoncé dans le tronc du dogme chrétien, et dans sa Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, il s’attela à démontrer qu’il s’agissait d’hérésie, ni plus ni moins.   Si l’on en juge par ce qui advint ensuite, en termes de dérives sectaires, force est de constater qu’il avait vu juste.

Parce que d’âmes divines emprisonnées, on en viendra vite aux âmes illuminées (les élus), et à diviniser le démiurge, l’architecte, plutôt que son principe transcendant.   Et tant qu’on y est, pourquoi ne pas s’émanciper de Dieu, et déclarer que l’homme peut s’élever au rang de l’architecte par l’initiation aux secrets?    Finalement, pourquoi ne pas tout simplement tuer Dieu?

Or nous l’avons vu, la seule façon de tuer Dieu, c’est de le tuer dans le coeur des hommes, et pour ce faire, le meilleur allié sera l’Autre, appelé aussi Prince de ce monde.  Il s’agit de tuer le spirituel, le transcendant, pour le remplacer par le matérialisme, dirigé par les hommes-dieux4.

La franc-maçonnerie

Dieu est mort.
Friedrich Nietzsche

J’aurais pu parler des kabbalistes, mais c’est juste un mouvement minoritaire d’illuminés foldingos généralement issu des milieux très aisés de la société américaine (Madonna, etc).   Perdus au point d’être convaincus qu’il suffit d’être riche pour pouvoir acquérir à grand frais les pouvoirs d’un dieu par l’initiation.   La drogue et l’alcool n’aident pas, j’imagine.

Pour la franc-maçonnerie c’est une toute autre affaire, elle a infiltré absolument tous les lieux de pouvoirs, à tous les niveaux, et son influence est mondiale.   Or c’est un mouvement qui se réclame du gnosticisme (grand architecte), dont les initiés, à partir d’un certain degré/grade, savent parfaitement qu’ils vénèrent en réalité Baphomet, qui n’est qu’un faux nez de Satan5.

Faut-il rappeler à quelles persécutions les catholiques de France ont été soumis, à la suite de la Révolution de 1789, largement gangrenée par l’idéologie maçonnique?   Massacre des Vendéens, exécutions de prêtres, de bonnes soeurs, spoliation des biens, interdiction du culte, cette longue litanie d’abominations nous montre que déjà, Dieu était l’ennemi ultime.    Le Roi venait ensuite, qui incarnait la tradition des rois très catholiques régnant sur la France, fille aînée de l’Église.   Il fût donc exécuté.  Pour Dieu, ça s’est avéré un peu plus compliqué que prévu.

Avant d’en venir à des considérations plus pratiques, soit, en quoi ce qui précède a une influence directe sur la situation actuelle, j’aimerais développer ce que je pense être la cause des rapprochements que beaucoup ont été tentés de faire entre les événements et l’eschatologie.

Le culte du cargo

La bête de l’événement est là, elle arrive.
Emmanuel Macron

Les mots ont un sens, et la bête de l’événement dont parle Macron, qu’on pourrait difficilement taxer de complotiste, réfère à l’Apocalypse de Jean.   Ainsi les rapprochements entre le QRcode et le chiffre de la bête, par exemple, n’ont pas manqué de faire florès…

Le culte du cargo est un ensemble de rites qui apparaissent à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle chez les aborigènes, en réaction à la colonisation de la Mélanésie (Océanie). Il consiste à imiter les opérateurs radios américains et japonais commandant du ravitaillement (distribués par avion-cargo) et plus généralement la technique et la culture occidentales (moyens de transports, défilés militaire, habillement, etc.) en espérant déboucher sur les mêmes effets, selon ce qu’on a qualifié de croyances «millénaristes»

En effet, les indigènes ignoraient l’existence et les modalités de production occidentales ; dès lors, ils attribuaient l’abondance et la sophistication des biens apportés par cargo à une faveur divine. Le culte prit naissance en Mélanésie. Quasiment toute la Mélanésie, des îles Fidji à la Papouasie-Nouvelle-Guinée l’adopta simultanément (à l’exception de la Nouvelle-Calédonie), mais ce culte ne connut une longévité exceptionnelle qu’à Tanna (Vanuatu).   Source : Wikipedia

Et si cette référence à l’eschatologie n’était qu’une facette du messianisme satanique, ou plus absurde encore, qu’on ait affaire à des crédules au point qu’ils s’imagineraient que créer artificiellement certaines conditions présentes au jour du jugement suffirait à précipiter cet affrontement en espérant une issue favorable pour eux?

En dernière analyse, cela pourrait aussi n’être qu’une ruse pour faire croire à l’inéluctabilité de notre condition sous le joug mondialiste6.

Omniprésence des symptômes du mal dans la société actuelle

1. Le déracinement

Pour détruire un peuple, il faut détruire ses racines.
A. Soljenitsine

Pour mater un peuple et l’empêcher de s’opposer à l’instauration d’un pouvoir mondial dirigé par quelques élites occultes, comme s’il s’agissait d’une entreprise multinationale, il convient de déraciner les citoyens.   Cela passe par la destruction méticuleuse de toute organisation/institution visant précisément à garder la cohésion sociale :

  • Les États sous leur forme actuelle de nations démocratiques indépendantes, dont la souveraineté est progressivement transférée au niveau d’organisations supranationales déjà sous le contrôle de ces élites (Union Européenne, ONU, Banque Centrale Européenne, FMI, etc).
  • La religion, essentiellement chrétienne pour ce qui concerne l’Europe.   Dans un premier temps on la supplantera par une religion importée (Islam) absolument incompatible avec la culture européenne ne serait-ce que parce qu’elle ne respecte pas la séparation des pouvoir7.  L’Islam est autant une loi qu’on entend imposer (charia), qu’une religion qui n’en tolère nulle autre et impose ses codes, même quand la loi l’interdit (port du voile, par exemple).  Dans un second temps, cette religion rapportée (Islam) sera elle-même balayée parce qu’elle n’est pas du tout soluble dans le projet mondialiste.  
  • L’histoire, la culture et la langue, parce qu’elles sont le véhicule de notre civilisation.  Présentes partout, elles fondent la base d’une conscience collective de notre passé, et donnent un sens à notre présent.   N’avait-on pas entendu Macron affirmer sans rire que l’art français n’existait pas?   Pourquoi pensez-vous qu’on cherche à vous imposer une écriture inclusive qui n’est rien d’autre qu’une tentative de rendre la langue illisible?   Pourquoi pensez-vous que l’enseignement de l’histoire soit à ce point bâclé/caviardé par l’éducation nationale?   On pourrait parler de l’art contemporain aussi, du genre plug anal vert pomme au beau milieu de la place Vendôme…   Ou du remplacement forcé de la musique de variété par le rap, qui est à l’art ce qu’un artilleur est au droit canon?   Que penser des séries et films hollywoodiens qui ne sont plus que des ramassis de stéréotypes wokes jusqu’à la nausée?
  • La Famille, qui représente le noyau atomique de toute civilisation, depuis la nuit des temps.    Composé de l’homme (mari), de la femme (épouse) et de leurs enfants.   Les enfants sont sous la tutelle de leurs parents, à qui échoit la charge de leur éducation.   Inutile de préciser que dans le monde voulu par nos bons maîtres, ceci est impensable, c’est pourquoi tout est fait pour détruire la cellule familiale.    On commencera par nier ce qui en est l’essence, soit l’union d’un homme et d’une femme.   Ne parle-t-on pas d’hommes enceints, aujourd’hui?   N’en arrive-t-on pas à laisser des athlètes nés mâles concourir dans des épreuves féminines au titre qu’ils s’identifient en tant que femme?   Que penser des mentions « parent 1 » et « parent 2 » qui bientôt remplaceront les mentions « pères » et « mères » dans les documents officiels?  La cible finale, ici, ne vous y trompez pas, ce sont les enfants, le sytème vise à transférer la tutelle parentale à l’État.   Les enfants ne seront plus que la propriété (human ressources) de la société chapeautant le bidon-monde cher à Renaud Camus.

2. Inversion des valeurs

Partout nous assistons impuissants à une perversion des valeurs, sous la pression des médias, des politiques et des associations militant pour telle ou telle cause. 

  • Justice : les victimes sont ignorées quand elles ne sont pas calomniées, et les coupables sont traités avec la plus grande mansuétude par une justice qui ne se cache même plus de son iniquité.    Rappelons-nous de ce juge de Dijon qui avait été condamné pour avoir proposé à des internautes de violer sa fille de 13 ans, qui avait vu sa peine réduite en appel à deux ans de prison avec sursis.   On pourrait aussi parler du père de la fillette de 6 ans de Roanne qui avait sérieusement tabassé le jeune migrant qui s’était livré à des attouchements sexuels sur sa fille, la veille.   Lui risque 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende.   Curieux de savoir à quelle peine sera condamné le délinquant sexuel, mais je suis là encore pessimiste.
  • Éducation nationale : on enseigne désormais aux gosses de 12 ans des pratiques sexuelles incluant la sodomie, et bien plus tôt encore on les initie à la théorie du genre, leur bourrant le crâne avec des idées qui relèvent plus de la pathologie mentale que de la sexualité.    Imaginez si quelqu’un s’était permis ceci voici 40 ans?   Il aurait immédiatement été déféré au parquet pour outrage aux bonnes moeurs et condamné à une peine de prison ferme.
  • Politiciens : jusqu’à une époque récente, pour être ministre ou secrétaire d’État, il fallait être irréprochable, et tout ministre mis en examen était presque automatiquement écarté du gouvernement.   Désormais, il faut croire que la mise en examen est devenu, si pas une condition sine qua non pour y entrer, du moins une sérieuse recommandation, de sorte qu’on a littéralement affaire à un gouvernement de voyous, sans que cela ne semble le moins du monde émouvoir les médias, et (donc) l’opinion.
  • Dépravation/avilissement : Le paysage audiovisuel n’est plus qu’un égoût à ciel ouvert.   Que ce soit à la télé, dans les productions hollywoodiennes, dans des clips vidéos, et jusque dans des productions spécialement destinées aux enfants (Disney), on sature le public de pornographie, présentant cela comme de l’art transgressif.   Et que dire de la dernière campagne de Balenciaga via Instagram faisant la promotion de la pédopornographie?

3. Négation des droits

Après plus de deux ans de tyrannie covid, je suppose que vous aurez commencé à réaliser que vous n’avez plus aucun droit, seulement des devoirs, exit donc le droit à la liberté d’expression, le droit à manifester, le droit de travailler (suspendus), et jusqu’au droit à disposer de votre corps.   Tout est fait pour vous intimer (et vous forcer à accepter) que désormais, vous n’êtes plus des citoyens mais des sujets du pouvoir.   Même votre droit à la libre circulation peut être remis en question à tout instant, au prétexte d’une énième résurgence du rhume-19™, prétexte qu’on remplacera au pied levé par le réchauffouillage climateux lorsque le petit virus ne sera plus crédible.  

4. La désespérance

Ces attaques sur tous les fronts ont pour effet de pousser les gens au désespoir, et croyez bien que c’est voulu.   Un tour de vis après l’autre, on presse le peuple comme un citron, et il a l’impression de vivre le cauchemar d’une nuit qui ne connaîtrait jamais d’aube8.  Ce n’est rien de moins qu’un outil de guerre psychologique visant à mater la faculté des populations à lutter contre l’oppresseur.

Que peut-on faire?

Tant que le peuple ne reprendra pas le contrôle de sa destinée, et tant qu’il restera divisé, terré chacun dans son coin, la situation continuera à évoluer vers le pire.   Les tyrans ne s’arrêteront que lorsque nous, le peuple, les stopperons.

Il n’y a rien d’inéluctable, et souvenez-vous que les tyrans n’ont que le pouvoir que nous leur accordons.   Si faisant corps nous disons non, ils sont vaincus sans combat.

  1. Gnostique : Système de pensée philosophico-religieuse qui se fonde sur une révélation intérieure, permettant d’accéder à une connaissance des choses divines réservée aux seuls initiés et permettant de saisir les mystères amenant au salut.  Source : Wikipedia
  2. Principe : […] [P. réf. au Manichéisme] Principes du mal et du bien. Principes qui animent l’opposition dans le monde entre le mal et le bien, entre la matière et l’esprit. Les manichéens admettaient deux principes contraires, un principe du bien et un principe du mal (Ac.1835-1935).
    II.
    A. [À propos notamment de causes naturelles] Cause active de quelque chose; élément qui a la propriété de produire certains effets. Principe et conséquence; principe de la chaleur, de l’énergie, de la dynamique, du mouvement; principe de la fièvre. Ce principe d’inquiétude et de mécontentement, capable d’action créatrice, existe dans les replis de l’âme humaine (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum.,1921, p. 203).L’idée magique de supposer en toute chose, vivante et même inanimée, je ne sais quel principe caché de vie (Valéry, Variété IV,1938, p. 113). Source : CNRTL
  3. Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien.
    Edmund Burke
  4. Homo deus est le titre de l’ouvrage de Yuval Noah Harari, l’idéologue qui gravite autour du sulfureux Klaus Schwab.
  5. Et les satanistes ne s’en cachent nullement
  6. Faust : Le Diable triomphe lorsqu’il réussit à convaincre Faust qu’il n’a aucun espoir de salut. Source : OpenEdition Journals
  7. Islam: On fait référence ici à l’Islam conquérant, bien représenté en France et plus généralement en Occident par l’Islam communautaire, soit des myriades d’associations militant pour un Islam politique, revendicatif, noyautant toujours plus les institutions, les médias et les partis à tous les niveaux, certains partis en ayant fait leur coeur de cible (Nupes).
  8. Citation d’un poilu anonyme évoquant la grande guerre.
avatar

Philippe Huysmans

Webmaster du Vilain Petit Canard, citoyen de nationalité belge, marié et père de deux enfants. Je vis en Belgique et j’exerce la profession d’Informaticien à Bruxelles. Mes articles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *