Pacte sur les Migrations – vive la démocrature

La Belgique s’apprête à signer à New York le Pacte de l’ONU sur les migrations, alors même que le gouvernement est démissionnaire.

La Libre Belgique publie ce jour une dépêche Belga faisant état de l’intention de la Belgique de signer le Pacte sur les migrations, aujourd’hui, au siège des Nations Unies, à New York.

Le fait que le gouvernement soit démissionnaire ne remet pas en question la signature du Pacte de l’ONU sur les migrations par la Belgique à New York, a confirmé l’ambassadeur belge à l’ONU Jean-Luc Bodson mercredi dans plusieurs médias flamands.

« Le fait que le gouvernement soit démissionnaire, n’y change rien », assure-t-il. L’ordre de voter « oui » avait déjà été donné en septembre par le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR). La N-VA n’y avait pas formulé d’objection à l’époque.

La Belgique va toutefois associer à son aval une déclaration interprétative, comme les Pays-Bas et le Danemark le prévoient par ailleurs.

Le texte précis n’est pas connu mais la Belgique souligne dans une note le caractère non contraignant du pacte ainsi que son souhait de continuer à distinguer la migration régulière et irrégulière.

En dépit du ton péremptoire de l’Ambassadeur Bodson, la légalité de la démarche pose question.

  • « Le fait que le gouvernement soit démissionnaire ne remet pas en question la signature du Pacte » : quelle est la valeur de la signature d’un ambassadeur d’un pays dont le gouvernement est démissionnaire, sachant que la cause de la chute dudit gouvernement est précisément l’obstination du premier ministre à vouloir signer ce pacte alors que son principal allié flamand au gouvernement s’y opposait ?
  • « La N-VA n’y avait pas formulé d’objection à l’époque » : le traité ne sera pas signé « à l’époque », mais aujourd’hui. Or le gouvernement ne peut ignorer que depuis début décembre au moins, la NV-a s’oppose fermement à ce que la Belgique signe ce pacte, ce qui a mené directement à la crise politique, puis à la démission du gouvernement Michel II, hier soir.
  • « Le texte précis n’est pas connu » : c’est un peu ça, la démocrature. On engage l’ensemble de la population belge dans un traité international qui aura d’énormes conséquences sociales et financières pour des décennies, mais le péquin de base n’a pas à connaître le contenu de l’accord. En démocratie, pour cette simple raison, l’accord serait nul de plein droit.

Charles Michel aura beau pavoiser sur sa granditude1, et l’honneur du pays — qu’il aura hissé au premier rang des nations qui se battent pour un avenir radieux et des bisous pour tout le monde — il n’est pas interdit de penser qu’un certain nombre de citoyens la trouveront saumâtre, et n’y verront qu’un acte de gouvernement à la légalité douteuse, en vue de signer un pacte secret2.

Est-il seulement nécessaire de préciser que cela risque de coûter très cher aux partis qui ont soutenu cette initiative calamiteuse lors des élections fédérales, qui coïcideront avec les élections européennes, en mai prochain ?

>> Article original sur Le Vilain Petit Canard

  1. Grandeur n’était pas mal non plus mais ne convenait pas à un tel colosse de la pensée humaniste.
  2. Eh oui, si le texte n’est pas public mais qu’un certain nombre de décideurs politiques y ont accès, c’est qu’il est, de fait, secret. Est-il permis de demander pourquoi ?
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Philippe Huysmans

Webmaster du Vilain Petit Canard, citoyen de nationalité belge, né à Schaerbeek le 16.10.1966. Marié et père de deux enfants. Je vis en Belgique et j’exerce la profession d’Informaticien à Bruxelles. Mes articles

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2 réponses

  1. Rasir Yves dit :

    Très bien dit, dommage qu’ on ne puisse pas partager.