Psychologie des foules et religion vaccinale

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Le virus et la peur induite vont nous réduire en esclavage et pire encore. Autant comprendre pourquoi nous allons crever alors, et toute l’histoire de la douce aliénation humaine en même temps. Relisons la Psychologie des foules qui, avec sa simplicité et son évidence, a inspiré les fascistes et les bolchévistes, bourreaux qui étaient à bien des égards plus nobles que nos tyrans milliardaires et démocrates du jour. Mais on a les tyrans et les malthusiens exterminateurs que l’on mérite.

Revenons-en à la légendaire Psychologie des foules alors. Gustave Le Bon est éternel, un peu comme le Tolstoï de Guerre et paix dont a parlé Alain, certes à un niveau moins élevé, mais bien utile quand même. Lisez chez nos amis québécois (classiques.uqac.ca) Psychologie du socialisme pour comprendre la mentalité écolo-gauchiste américaine ou française.

Mais voyons la Covid-19, les vaccins, le confinement, en attendant Grand Reset, paupérisation et dépopulation. Tout cela se fait comme à la parade. Et Le Bon d’expliquer en 1889 que malheureusement les humains adorent cela, être fanatisés pour des stupidités. Les humains sont devenus une seule foule, depuis que la télé a remplacé le séparé (Debord). Technique pour fabriquer la foule qui obtempère alors ?

Pour Gustave Le Bon il y a une première clé, l’affirmation :

L’affirmation pure et simple, dégagée de tout raisonnement et de toute preuve, est un des plus sûrs moyens de faire pénétrer une idée dans l’esprit des foules. Plus l’affirmation est concise, plus elle est dépourvue de toute apparence de preuves et de démonstration, plus elle a d’autorité.

Affirmation ? Le virus tue, vous allez crever ; confinez-vous, vaccinez-vous, restez masqués à hauteur de six milliards d’imbéciles. On a un quart de vaccinés en France en trois mois, un milliard à l’échelle du monde. Et cela ne fait que commencer. Où je vis on dit plus bonjour, on demande si tu es vacciné.

Avec l’affirmation, la répétition : et avec les six mille chaînes info ce n’est pas cela qui manque donc : vaccinez-vous, confinez-vous, restez masqués, crevez de peur.

L’affirmation n’a cependant d’influence réelle qu’à la condition d’être constamment répétée, et, le plus possible, dans les mêmes termes. C’est Napoléon, je crois, qui a dit qu’il n’y a qu’une seule figure sérieuse de rhétorique, la répétition. La chose affirmée arrive, par la répétition, à s’établir dans les esprits au point qu’ils finissent par l’accepter comme une vérité démontrée.

On répète car c’est trop beau : « il n’y a qu’une seule figure sérieuse de rhétorique, la répétition. »

Ensuite, et c’est trop drôle, cette répétition de l’information produite ce que le maître de l’honorable Sigmund Freud appelle la contagion :

Lorsqu’une affirmation a été suffisamment répétée, et qu’il y a unanimité dans la répétition, comme cela est arrivé pour certaines entreprises financières célèbres assez riches pour acheter tous les concours, il se forme ce qu’on appelle un courant d’opinion et le puissant mécanisme de la contagion intervient. Dans les foules, les idées, les sentiments, les émotions, les croyances possèdent un pouvoir contagieux aussi intense que celui des microbes.

On n’avait pas la télé, on avait le cabaret, lieu d’abrutissement des masses dont a très bien parlé Mirbeau (voyez L-628) ;

C’est surtout par le mécanisme de la contagion, jamais par celui du raisonnement, que se propagent les opinions et les croyances des foules. C’est au cabaret, par affirmation, répétition et contagion que s’établissent les conceptions actuelles des ouvriers…

Mais avançons plus au cœur des ténèbres du monde moderne, à la manière de Conrad et de son Walter Kurz. Le Bon a compris aussi que les couches supérieures vont être gangrenées, vont devenir gauchistes et communistes (puis écologistes, puis covidistes) comme la base. Et cela donne :

On remarquera que, dans les exemples analogues à ceux que je viens de citer, la contagion, après s’être exercée dans les couches populaires, passe ensuite aux couches supérieures de la société. C’est ce que nous voyons de nos jours pour les doctrines socialistes, qui commencent à gagner ceux qui pourtant sont marqués pour en devenir les premières victimes.

Oui, aujourd’hui tout le monde aussi veut mourir, à commencer par le petit blanc qui pollue trop. Il en devient extatique, au sens célinien, tout à sa rage de mourir. Si la guerre contre la Russie ne se fait pas, ce sera le Reset. Viva la muerte.

Après, Le Bon rappelle que certains êtres (mais n’est pas Napoléon qui veut) et surtout certaines idées acquièrent du prestige :

Ce qui contribue surtout à donner aux idées propagées par l’affirmation, la répétition et la contagion, une puissance très grande, c’est qu’elles finissent par acquérir le pouvoir mystérieux nommé prestige.

Je répète, le prestige n’est pas forcément une personne ; ce peut être un vaccin :

Le prestige est en réalité une sorte de domination qu’exerce sur notre esprit un individu, une œuvre, ou une idée. Cette domination paralyse toutes nos facultés critiques et remplit notre âme d’étonnement et de respect.

Il y a bien sûr comme aux temps de Molière les prestigieux institutionnels :

Le prestige acquis, ou artificiel, est de beaucoup le plus répandu. Par le fait seul qu’un individu occupe une certaine position, possède une certaine fortune, est affublé de certains titres, il a du prestige, quelque nulle que puisse être sa valeur personnelle. Un militaire en uniforme, un magistrat en robe rouge ont toujours du prestige.

Le bon Dr Le Bon en oublie les médecins ! Mais à part Molière qui lui jettera la pierre et sa maladie ?

Il précise sa pensée :

Le prestige dont je viens de parler est celui qu’exercent les personnes ; on peut placer à côté le prestige qu’exercent les opinions, les œuvres littéraires ou artistiques, etc. Ce n’est le plus souvent que de la répétition accumulée. L’histoire, l’histoire littéraire et artistique surtout, n’étant que la répétition des mêmes jugements que personne n’essaie de contrôler, chacun finit par répéter ce qu’il a appris à l’école, et il y a des noms et des choses auxquels nul n’oserait toucher.

Cela rappelle la phrase géniale de son contemporain Léon Bloy : le jeune bourgeois qui aurait douté des ténèbres du moyen âge n’aurait pas trouvé à se marier ! C’est dans son exégèse.

Tout bourgeois devra être vacciné, masqué et confiné pour se marier !

Le Bon ajoute sur ce satané prestige :

Le propre du prestige est d’empêcher de voir les choses telles qu’elles sont et de paralyser tous nos jugements. Les foules toujours, les individus le plus souvent, ont besoin, sur tous les sujets, d’opinions toutes faites. Le succès de ces opinions est indépendant de la part de vérité ou d’erreur qu’elles contiennent ; il dépend uniquement de leur prestige…

Mais ne négligeons pas le prestige humain. On sait qu’aujourd’hui les hommes les plus populaires sont les plus riches (Gates, Arnault, Bezos, Musk, Zuckerberg). Le Bon évoque le lien du prestige et du succès (Bourla, Bancel, etc.) :

On voit, par ce qui précède, que bien des facteurs peuvent entrer dans la genèse du prestige : un des plus importants fut toujours le succès. Tout homme qui réussit, toute idée qui s’impose, cessent par ce fait même d’être contestée. La preuve que le succès est une des bases principales du prestige, c’est que ce dernier disparaît presque toujours avec lui.

Avec cette bourse qui monte plus haut que ce ciel gris et couvert de poussière, dont a parlé Philip K. Dick, on ne va pas mettre fin à leur prestige, à nos doctes vaccinateurs et experts en Grand Reset !

Et le pire est que pour Le Bon, l’humanité n’est pas bête au sens de Flaubert. Elle est comme ça, c’est tout.

Mais comme je citais Flaubert : « L’humanité a la rage de l’abaissement moral, et je lui en veux de ce que je fais partie d’elle. »

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Nicolas Bonnal

Romancier, essayiste, chroniqueur métapolitique internationalement reconnu, Nicolas Bonnal a publié Mitterrand le grand initié chez Albin Michel et Internet, nouvelle voie initiatique aux Belles Lettres. Ancien chroniqueur culturel de l’Idiot international et du Libre Journal, il publie maintenant à la vitesse du vent ses contes magiques, ses critiques littéraires et ses romans « pataphysiques » sur Amazon.

3 réflexions sur “Psychologie des foules et religion vaccinale

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    3 mai 2021 à 09:44
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    Merci pour ce rappel de quelques lignes de l’ouvrage de Le Bon, hélas bien oublié de nos jours, sauf pour certains placés près du bonnet.
    Toutefois, il serait aussi possible de rappeler que la répétition, objet du présent billet, est une des principales caractéristiques de la société capitaliste que nous vivons tous actuellement.
    En effet, la nécessité absolue du renouvellement, et de la rotation du capital par conséquent, s’exprime dans la reproduction des marchandises, de tout objets matériels ou de nature vivante comme les humains, entre autres, afin de réaliser un profit, un bénéfice.
    Alors ?
    Alors, à qui ou à quoi bénéficie la rhétorique covidienne ?

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      3 mai 2021 à 12:32
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      Alors, à qui ou à quoi bénéficie la rhétorique covidienne ?

      C’est le sujet d’un article sur lequel je travaille, qui consiste à laisser le « comment » de côté pour s’intéresser au pourquoi, et forcément… pour qui.

      Cui bono?

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    28 mai 2021 à 14:13
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    Une remarque sur ces questions de prestige. Le texte parle de l’acceptation d’un certain nombre de choses comme d’un disfonctionnement, d’une tare. Or, il me semble qu’il y a des bonnes raisons à cela. Les médias, le discours ambient, y compris celui de médecins, nous disent que le Covid est très dangereux, qu’il n’y a pas de soins possibles, qu’il faut nous vacciner. Cependant, il y en a un qui ne dit pas ça, c’est Raoult, dont le prestige est tout autre que celui des lobbyistes qui défilent sur les plateaux de télévision. Personnellement, j’écoute ce qu’il dit, et si je l’écoute, c’est en raison notamment de son prestige, malgré les tombereaux de boue que l’on a déversés sur lui. On peut essayer de faire preuve de sens critique, mais on atteint vite les limites de l’exercice par manque de formation.
    Plus généralement, le conditionnement qu’on subit est inséparable de l’instruction, sans laquelle on ne serait que des ignares complets. On est bien obligés d’accepter des choses, sans quoi on inventerait la roue tous les matins.
    Il s’agit donc moins, je pense, d’un disfonctionnement que du détournement d’une qualité.

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